2 DECEMBRE
LE CENTENAIRE
DE LA SEPARATION DE L'EGLISE ET DE L'ETAT
SERA CELEBRE A DIAGORA-LABÈGE
Les Francs-maçons en colloque
Bernard BRANDMEYER, Grand Maître
du Grand Orient de France a répondu à nos questions.
Vous allez célébrer le centenaire
de la loi de 1905. A- t- elle ou non besoin d'un toilettage?
Nous ne voyons pas ce qui peut être
changé à la loi de 1905 sans la dénaturer.
Elle précise que l'Etat ne reconnaît aucune
religion et depuis cent ans nous vivons dans un large consensus
qui évite toute opposition, voire tout affrontement.
L'expérience a donc prouvé le bien fondé de
cette loi.
N'y- a- t- il pas là un relent d'anticléricalisme?
La franc-maçonnerie n'est en rien
une entreprise contre la religion. En son sein, chacun est
libre de sa propre démarche en la matière.
Mais au titre de la liberté de conscience, nous nous
opposerons toujours à toute religion qui prétendra
régenter le pays.
La Franc-maçonnerie utilise souvent
le mot laïcité. Quelle définition en donnez
vous ?
Pour nous, la religion est affaire privée
que la collectivité publique n'a pas à prendre
en compte, sauf à garantir la liberté de toute
pratique en ce domaine.
Donc, pas de reconnaissance des cultes?
La non-reconnaissance demeure pour nous
un acte de sagesse.
Et pas de financement?
Nous sommes opposés à tout
financement plus ou moins déguisé de quelque
religion que ce soit par l'Etat. Ce serait entrer dans un
processus qui risque fort de nous entraîner dans des
situations difficiles, voire conflictuelles.
En quoi le monde moderne peut-il encore
avoir besoin des francs-maçons ?
Il y aura toujours des hommes qui voudront
comprendre le monde dans lequel ils vivront, intervenir pour
le construire. Ils voudront exercer leur esprit critique,
confronter leurs idées, rechercher librement des solutions, « épanouir» leur
vie intérieure et leur vie sociale. Ce schéma
est celui de la franc-maçonnerie.
Recueilli par Jean-Jacques Rouch
A Toulouse depuis 3 siècles
A Toulouse, ville de vieille tradition
maçonnique, l'Ordre existe depuis près de 3
siècles. Et possède sa rue, celle de l'Orient,
qui ne fut jamais débaptisée que par Vichy.
Le Grand Orient de France, obédience majoritaire,
aligne une vingtaine de loges et revendique 2 000 Francs-Maçons
dans la région, dont les trois quarts à Toulouse.
Mais existent aussi aussi d'autres obédiences comme
la Grande loge de France (avec sa déclinaison féminine)
ou le Droit Humain (mixte).
(article publié le 14 janvier 2005
dans La
Dépêche du Midi)


Interview de Bernard Brandmeyer
sur Sud Radio, le 10 janvier 2005




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